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Être immigrant et entrepreneur, c’est possible

Reprendre une entreprise

Comme dans la plupart des pays du G8, l’évolution démographique du Québec et le départ accéléré de la génération des baby-boomers créent des problèmes de relève entrepreneuriale. Les statistiques parlent d’elles-mêmes :

  • Plus de 95 % des entreprises québécoises sont des PME et 40 % des chefs d’entreprise qui les dirigent songent sérieusement à prendre leur retraite d’ici 2010 (70 % d’ici 2015) et finalement, 85 % d’entre eux se voient à la retraite d’ici 2020...
  • Près de 70 % des PME disparaissent lors du passage de la première à la deuxième génération et 65 % des PME n’ont pas de plan de relève...
  • Parmi les entreprises qui possèdent un plan de relève, seulement 50 % d’entre elles ont identifié un successeur. En raison des contextes démographiques et socioéconomiques, les transferts sont de moins en moins familiaux et 37 % des entrepreneurs pensent vendre leur entreprise à une personne qui n’est pas membre de leur famille...

Sources : Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE).

Il existe donc, pour les immigrants qui auraient la volonté d’entreprendre, de nombreuses occasions de reprise d’entreprises familiales. Cette approche présente l’avantage, par rapport à la création, de partir d’une base existante et de bénéficier d’une clientèle et d’une culture d’affaires déjà bien établies.

Si vous êtes tenté par cette démarche, il est fortement recommandé de se faire accompagner dans le processus de reprise. Des experts pourront vous faciliter les démarches et accélérer votre réussite en vous apportant un encadrement et des conseils adéquats.

Témoignage :

« Immigrée au Québec en 1998 à la suite de mon mariage avec un diplomate québécois et ne trouvant pas de poste en réelle adéquation avec mes aspirations, je m’interrogeais sur la suite à donner à ma carrière quand mon mari m’a poussée à me lancer en affaires. J’ai alors décidé d’engager un processus de reprise d’entreprise et j'ai acquis la société Auto Nette Gagnon.

Pourquoi un lave-auto? Parce que j'ai trouvé que c'était un besoin de la société (deux Québécois sur trois ont une automobile). La démarche de reprise de cette entreprise a été pour moi une façon de mieux m'intégrer au Québec et de faire mes preuves et mes expériences dans les affaires.

Je partais de quelque chose de quasi inconnu et j'ai restructuré cette microentreprise en l'adaptant à ma vision pour en faire aujourd'hui une compagnie renommée.

J’ai aussi trouvé dans cette activité de lave-auto un personnel dont la majeure partie était en situation de difficulté sociale. Ayant beaucoup voyagé à travers le monde et étant portée par un engagement social très fort, j’ai vu là une opportunité de concilier travail et société pour contribuer à l’effort de réinsertion de ces personnes issues aussi bien de la société québécoise que de l’immigration.

L’entreprise s’est aujourd’hui fortement développée et je m’attache à poursuivre l’effort d’embauche de personnes en difficultés qui démontrent toutes un profond attachement à l’entreprise. Tout ceci n’aurait pas été possible sans les aides locales aux petites entreprises, comme celles du CLD et autres, que j’ai reçues et qui m’ont permis de mieux cheminer dans mon processus entrepreneurial.

C’est en pensant à ce parcours riche et passionnant et en tant que femme africaine que j’ai écrit un recueil d’expériences intitulé Une femme d’affaires noire dans le domaine de l’homme blanc, que je viens juste de publier. »

Laurence-Lydie Traoré (Originaire du Burkina Faso, arrivée à Québec en 1999)
Présidente et propriétaire - Auto-Nette Gagnon

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